Fonds d'équipement des nations unies
Recherche FENU.org:


UNDP

International Year of Microcredit 2005

OHRLLS

Development Gateway Foundation

UN Works

MDG Monitor

FENU Développement local Finance inclusive Evaluation Service techniques Pays Publications Actualités
Fonds d'équipement des nations unies
 - Actualités et Evènements

Conseil Economique et Social des Nations Unies
Genève
Le 15 juillet 2003

Communication de Normand Lauzon
Secrétaire Exécutif
Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU)

Le FENU et la mise en œuvre
du
Programme d’Action de Bruxelles pour les PMA



M. le Président
Messieurs les Ministres,
Excellences,
Distingués Délégués et amis,


C’est pour moi un grand plaisir d’avoir aujourd’hui l’occasion de vous parler du travail du Fonds d’Equipement des Nations Unies en appui à la mise en œuvre du Programme d’Action des Pays les Moins Avancés et de vous communiquer certains des éléments marquants de notre Rapport Annuel Axé sur les Résultats (également connu sous le nom de RAAR.)

Je voudrais tout d’abord vous donner quelques éléments d’information sur le rôle et le mandat du FENU, avant de vous indiquer de quelle manière notre travail dans les domaines de la gouvernance locale et de la microfinance contribue à la mise en œuvre du Programme d’Action (PA) pour les Pays les Moins Avancés (PMA) et à l’atteinte des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM).

Le Fonds d’équipement des Nations Unies

Au début des années 1960, les pays en développement avaient promu l’idée de la création d’un Fonds d’équipement des Nations Unies. Ce fut chose faite en 1966, avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Résolution 2186 (XXI). Doté alors d’un mandat universel, le Fonds d’équipement des Nations Unies avait été conçu comme une organisation d’investissements multisectoriels avec, pour objet principal, le financement et la mise en œuvre de projets d’investissements dont la taille devait être inférieure à celle des investissements réalisés par les institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et les Banques régionales de développement. En raison du faible niveau des ressources mises à sa disposition à travers des contributions volontaires des Etats membres des Nations Unies, ce n’est qu’au début des années 1970 que le FENU devint réellement opérationnel.

En 1967, dans le but d’assurer une meilleure synergie avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) (c’est-à-dire la recherche de complémentarité entre les investissements du FENU et la coopération technique du PNUD), l’Assemblée générale des Nations Unies demanda au Secrétaire Général de confier le rôle de Directeur Général du FENU à l’Administrateur du PNUD. Dans le même esprit, il fut décidé que le FENU devrait rendre compte au Conseil d’Administration du PNUD, plutôt que d’être régi par son propre Conseil d’Administration. Depuis lors, le Directeur Général du FENU a confié la gestion stratégique et quotidienne du FENU à un Secrétaire Exécutif, fonction que j’ai actuellement l’honneur de remplir. Par ailleurs, dans chacun de ses pays d’intervention, le FENU est représenté par le Représentant Résident du PNUD. Le financement du FENU, quant à lui, continue de provenir de contributions volontaires à ses ressources générales ainsi que de contributions spécifiques à ses opérations sur le terrain. Le budget administratif du FENU est entièrement financé à partir de contributions volontaires.

En 1973, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution demandant au FENU de concentrer ses investissements, d’abord et avant tout, dans les Pays les Moins Avancés (PMA). Depuis 1995, comme bien d’autres organisations multilatérales de coopération au développement, le FENU a connu d’intenses changements. Ses activités opérationnelles ont ainsi été recentrées afin d’améliorer la performance de ses investissements pilotes de petite taille; de mieux répondre aux besoins des PMA; de prendre en compte l’expérience acquise au cours des trente dernières années; et enfin, d’assurer, dans le cadre de ses ressources limitées, le meilleur impact possible sur la réduction de la pauvreté et sur la mobilisation des capacités nationales et locales. Ainsi, le FENU est désormais spécialisé dans deux domaines: l’appui à l’investissement public décentralisé et l’appui à l’investissement privé en microfinance. En 1999, ce recentrage thématique a été approuvé par notre Conseil d’Administration. Dans ce nouveau contexte, l’approche adoptée par le FENU consiste à appuyer les PMA dans le pilotage d’investissements de petite taille, avec l’idée que ces investissements puissent être reproduits sur une échelle plus large avec le concours d’autres partenaires au développement apportant des moyens financiers supplémentaires. Dans le domaine de la microfinance, bien que nos propres investissements soient également concentrés dans les PMA, nos activités de prestation de services-conseils se font sur une base universelle depuis que l’Unité Spéciale de Microfinance (SUM) du PNUD a été rattachée à notre organisation en 1999.

En bref, le FENU est une organisation multilatérale dont la spécialité est le financement, sous la forme de dons, et la réalisation, dans les PMA, d’investissements de petite taille dans deux domaines spécifiques d’intervention.

Contribution du FENU à la mise en œuvre du Programme d’Action pour les PMA et à l’atteinte des Objectifs de Développement du Millénaire

Maintenant, je voudrais préciser la contribution du FENU dans ses deux domaines de concentration –l’investissement public décentralisé et la microfinance- à la réalisation des objectifs du Programme d’Action pour les PMA pour la décennie 2001-2010 et des Objectifs de Développement du Millénaire.

Récemment, dans le Rapport 2003 sur le Développement Humain du PNUD, le Conseiller Spécial du Secrétaire Général pour l’initiative des Objectifs de Développement du Millénaire, M. Jeffrey Sachs, a déclaré : « les pays pauvres ne peuvent pas se permettre d’attendre d’être riches avant d’investir dans leurs populations. C’est le contraire dont il s’agit. Ils ont besoin de cliniques rurales, d’écoles, de routes, d’eau potable et d’hygiène, pour que la croissance économique puisse prendre assise. Investir pour répondre aux besoins de base n’est pas juste quelque chose de désirable en soi pour mettre fin à la souffrance humaine, il s’agit d’un élément important d’une stratégie globale de croissance économique ».

Comme vous le savez, le Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU) fait entièrement porter son action sur les questions évoquées par M. Sachs. En effet, le FENU investit avec les pauvres des pays les plus pauvres dans deux domaines : l’investissement public décentralisé dans les secteurs socio-économiques et la microfinance. Et à travers ses actions concrètes sur le terrain, le FENU contribue directement à la mise en œuvre de cinq des sept engagements pris par la communauté internationale dans le cadre du partenariat décrit par le Programme d’Action pour les PMA.

Ainsi, les investissements du FENU visent à assurer une approche centrée sur les populations, à promouvoir la bonne gouvernance au niveau national et local, à renforcer les capacités humaines et institutionnelles, à réduire la vulnérabilité et à protéger l’environnement. Les activités du FENU sont aussi conçues de manière à permettre la mobilisation de ressources financières supplémentaires. Ce faisant, le FENU travaille avec les pauvres pour les aider à combler leurs besoins en infrastructures socio-économiques de base et en services financiers.

Investissement public décentralisé

En appuyant l’investissement public décentralisé, le FENU part du principe que ce type d’investissement n’a de sens pour les populations pauvres que s’il se traduit sur le terrain par des résultats concrets et visibles qui répondent à leurs besoins quotidiens. En conséquence, notre principale préoccupation est d’assurer aux pauvres un meilleur accès aux infrastructures et services socio-économiques essentiels des secteurs de la santé, de l’éducation primaire, du transport routier, des marchés ruraux, de l’hydraulique villageoise et aux ressources naturelles. Ce faisant, le FENU contribue de manière concrète à la mise en œuvre des objectifs clés retenus dans le Programme d’Action pour les PMA, à savoir : l’éducation pour tous, la diminution de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle et de celle de la population en général, la prévention et la lutte contre la malaria et les autres maladies endémiques telles que le VIH/SIDA. Le FENU contribue en outre au renforcement des capacités productives des individus et des institutions au niveau communautaire. Tous ces objectifs ont par ailleurs été adoptés dans la Déclaration du Millénaire.

Mais bien qu’absolument nécessaires pour réduire la pauvreté, ces investissements sont cependant loin d’être suffisants. Nous pensons en effet qu’il est tout aussi essentiel de promouvoir la participation communautaire, de façon à permettre aux populations locales de trouver elles-mêmes des solutions qui soient adaptées à leurs problèmes et au contexte local. Il est à ce titre nécessaire d’assurer la participation effective des femmes aux processus de prise de décision concernant leur vie quotidienne et l’avenir de leurs enfants. Il est tout aussi important de garantir la participation de la société civile dans son ensemble. C’est dans ce contexte que le FENU a adopté le slogan « investir avec les pauvres », le préférant a celui « d’investir pour les pauvres ». Ainsi, dès lors qu’ils participent aux décisions concernant leur propre avenir – à travers des processus de consultation et de planification participative propres à chaque pays et à chaque communauté – les pauvres s’engagent généralement à donner soit de leur temps, soit des matériaux de construction, ou parfois même de l’argent, pour la réalisation des infrastructures qu’ils considèrent comme prioritaires. De surcroît, lorsque les populations locales jouent un plus grand rôle dans la planification et le financement des infrastructures locales, elles prennent plus facilement en charge, sur le long terme, le fonctionnement et l’entretien de ces infrastructures. Ainsi, la participation communautaire constitue à nos yeux un préalable indispensable pour assurer la pérennité de tout investissement.

En même temps, tout en renforçant les capacités des communautés, il est essentiel de renforcer celles des administrations locales et des élus locaux, de façon à ce que les investissements publics soient gérés dans le respect de l’intérêt commun. Il s’agit là d’une autre façon de parler de bonne gouvernance locale. Au FENU, notre approche ne se réduit pas à renforcer les capacités locales par un simple transfert de connaissances. Bien au-delà, nous considérons que le transfert de ressources est un impératif. C’est la raison pour laquelle notre appui à l’investissement public décentralisé prévoit l’injection, dans les circuits des administrations locales, de l’équivalent des ressources fiscales dont ces administrations seraient les destinataires si le système fiscal décentralisé produisait les résultats escomptés. L’objectif principal est ici de permettre aux administrations locales et à leurs élus d’acquérir, non pas de manière théorique, mais de manière pratique, une connaissance sur les bonnes pratiques de gestion de l’investissement public décentralisé.

Pour contribuer efficacement au Programme d’Action pour les PMA et aux Objectifs de Développement du Millénaire, le FENU est conscient qu’il doit inlassablement chercher à construire des partenariats et rechercher une complémentarité avec les actions des autres acteurs du développement, et ce, de façon à ce que nous concentrions nos efforts sur ce que nous savons faire le mieux. Le partenariat et la complémentarité peuvent se conjuguer de différentes manières : entre les ressources internationales, nationales et locales pour financer les investissements publics décentralisés ; entre les investissements décentralisés, les investissements sectoriels et les investissements communautaires dans une perspective d’utilisation optimale des ressources afin d’obtenir un impact maximum sur la réduction de la pauvreté ; et enfin entre les interventions des divers acteurs, en prenant en compte leur spécificité et leur savoir-faire respectifs, de façon à ce que l’action conjointe soit plus efficace.

Pour nous, au FENU, il est clair que l’appropriation des investissements publics décentralisés par les autorités locales et les populations est une nécessité. Nous savons également que l’avantage comparatif du FENU est de piloter des investissements publics décentralisés à petite échelle dans le but que ces investissements soient reproduits sur une échelle plus large par d’autres partenaires au développement. C’est la raison pour laquelle nous attachons une si grande priorité à la complémentarité avec les autres partenaires au développement. Nous savons que le travail du FENU a un plus grand potentiel d’impact et de pérennité lorsque les partenaires sont consultés dès le début et lorsque des opportunités de programmation conjointes existent. Les opportunités qui font partie des priorités nationales et locales, qui cadrent avec les stratégies de réduction de la pauvreté et les autres instruments de planification tels que les Documents Stratégiques de Réduction de la Pauvreté, l’Examen Commun de Pays et le Cadre des Nations Unies pour l’Assistance au Développement, ou encore avec les programmes de gouvernance, ont plus de chance d’être couronnées de succès. En droite ligne de la recommandation de son Conseil d’Administration, le FENU a donc renforcé, en 2002, ses relations de travail avec nombre de partenaires, au titre desquels : le PNUD, la communauté des bailleurs de fonds, la Banque Mondiale et les Banques Régionales de Développement, la Commission Européenne, les ONG, le secteur privé –national et international- et les Centres d’Excellence du Nord comme du Sud.

Le RAAR 2002 montre qu’en dépit des difficultés financières auxquelles nous sommes actuellement confrontés -ce qui nous empêche de répondre de manière adéquate aux demandes émanant de nos pays d’intervention- les projets d’appui à l’investissement public décentralisé du FENU ont considérablement progressé dans le domaine de l’appui à la mobilisation de ressources locales et celui de l’impact sur les politiques et de la réplication. Ainsi, dans le domaine de la mobilisation des ressources locales, on a constaté en 2002 une amélioration impressionnante des résultats obtenus en matière de pérennisation des financements locaux, les autorités locales ayant été capables, dans certains cas, d’augmenter leurs revenus locaux de 200 pour cent, alors que d’autres ont mobilisé avec succès des ressources additionnelles auprès d’autres donateurs. En matière d’impact sur les politiques et de réplication, le nombre de projets faisant état de leur succès a doublé. En matière de réplication, les efforts déployés ont permis le triplement de nos ressources extrabudgétaires.

Alors que nous avons enregistré en 2002 nombre de résultats positifs, certaines améliorations n’en demeurent pas moins encore possibles. Ainsi, la réalité nous rappelle que l’éventail complet des bénéfices de la décentralisation, et des processus participatifs qui en sont le corollaire, prend du temps à se matérialiser. La continuité et le temps sont deux ingrédients importants du succès. Nous avons appris que chaque pays, chaque situation est spécifique et que s’il est possible de trouver des caractéristiques communes aux processus de décentralisation dans les divers pays dans lesquels nous travaillons, il est impossible d’y suivre partout la même approche.

Vous trouverez dans cette salle, en français et en anglais, des copies de notre Rapport Annuel Axé sur les Résultats pour l’année 2002. Je me limiterai ici à vous donner un exemple de notre appui à l’investissement public décentralisé. Depuis 1998, en étroite coopération avec le Gouvernement du Mozambique, le PNUD et le Gouvernement des Pays-Bas, le FENU a appuyé le pilotage d’un programme d’investissements publics dans la province de Nampula, programme conforme en tout point à la démarche méthodologique que je viens de décrire. Les enseignements acquis au cours de cette phase pilote ont permis au Gouvernement de mettre au point un programme élargi.

Grâce à une contribution spécifique affectée au FENU pour ce programme par les Gouvernements des Pays-Bas et de Norvège, et grâce aussi à l’appui sans faille du PNUD et à une contribution du Fonds Suisse de Développement et de Coopération, le programme sera étendu à toute la province de Nampula ainsi qu’à une autre province. Après un investissement initial du FENU de 5 millions de dollars, les ressources maintenant engagées pour l’élargissement du programme atteignent 22 millions de dollars, soit plus de quatre fois la mise initiale. Par ailleurs, la Banque Mondiale envisage de mettre en œuvre un programme similaire dans quatre autres provinces, avec un budget estimatif de 30 millions de dollars.

Si nous disposions de plus de temps, je pourrais citer d’autres exemples similaires, au Bhutan, au Mali, au Niger, au Vietnam, en Ouganda, au Sénégal et dans bien d’autres pays, avec le concours de la Banque Mondiale, de la Banque africaine de développement, du Fonds de Survie Belge, de l’Australie, de la France, du Danemark, du Luxembourg, de la coopération britannique ou du Fonds pour l’Environnement Mondial.

Microfinance

Je souhaiterais maintenant mettre brièvement en relief nos réalisations dans le domaine de la microfinance. L’Unité Spéciale de Microfinance (USM) s’occupe de la gestion des investissements du FENU en microfinance et remplit, auprès du PNUD, la fonction de conseiller technique. L’approche de l’USM consiste à appuyer le développement d’institutions de microfinance jeunes et prometteuses afin de pallier à la déficience de produits de microfinance à destination des clients pauvres ou à faibles revenus, cette déficience résultant de l’insuffisance des capacités institutionnelles locales.

Le RAAR 2002 montre que la performance du FENU dans le domaine de la microfinance a été relativement stable, avec des résultats partiels atteints en ce qui concerne la couverture en services de microfinance et la pérennité des institutions appuyées, mais avec une performance satisfaisante en matière d’amélioration de l’environnement du secteur de la microfinance. La qualité de notre portefeuille de projets s’est améliorée et l’impact positif de ces projets sur le développement de politiques nationales favorables à la croissance du secteur a pu être démontré, en 2002, dans quatre pays d’intervention supplémentaires.

L’expérience acquise au cours de ces dernières années en matière de promotion d’un environnement favorable nous permet maintenant de nous diriger vers une autre approche, celle du développement du secteur. Le secteur de la microfinance ayant évolué et un consensus général s’étant formé autour du besoin de le promouvoir comme une composante intégrale des systèmes financiers, l’USM a élargi son appui pour inclure une gamme plus étendue d’activités jugées nécessaires au développement du secteur. En vertu de cette nouvelle approche, l’accès amélioré à des services financiers à destination des segments les plus pauvres du marché sera développé en tant que partie intégrale du développement du secteur financier au sens large, le succès dans les deux domaines étant intimement lié. Les principales activités incluront l’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies sectorielles nationales et de plans d’actions.

Démontrant son engagement à produire des résultats concrets, le FENU a récemment participé à une évaluation entre partenaires au développement impliquant 20 agences et visant à examiner l’efficacité de l’aide, la microfinance ayant été retenue comme un cas-test. Cette évaluation par des pairs a conclu que l’Unité Spéciale de Microfinance était un centre d’excellence. Sur la base de son expérience en tant que prestataire de services-conseils et d’assistance technique pour le compte du PNUD, le FENU participera en 2003 à l’évaluation du portefeuille de projets de microfinance du PNUD, dans le but de définir et de mettre en œuvre un plan d’actions visant à améliorer l’efficacité de ses initiatives de microfinance et de leur contribution aux Objectifs du Millénaire.

Le FENU, de concert avec le Département des Affaires Economiques et Sociales des Nations Unies, s’est également engagé à réaliser l’ébauche du Programme d’actions de l’année internationale du microcrédit en 2005, lequel sera présenté à l’automne à l’Assemblée Générale. Pour ce faire, le FENU travaillera en collaboration étroite avec d’autres partenaires au développement et d’autres agences des Nations Unies afin: d’améliorer la connaissance du grand public sur la microfinance ; de stimuler les systèmes financiers en faveur des pauvres ; d’accroître la capacité du secteur de la microfinance ; et de promouvoir l’innovation et l’établissement de partenariats stratégiques. L’année 2005 sera ainsi l’occasion de mettre en relief le rôle critique que joue la microfinance dans la lutte contre la pauvreté de par le monde et la contribution significative qu’elle peut jouer dans l’atteinte des Objectifs de Développement du Millénaire.

Gestion axée sur les résultats

Les informations que je viens de vous présenter me permettent de conclure que le FENU contribue de façon concrète et mesurable à la mise en œuvre du Programme d’Action pour les PMA. Nous sommes toutefois pleinement conscients des difficultés et des risques inhérents à la nature de notre travail. Ainsi, notre apprentissage se fait au fur et à mesure et nous nous efforçons de documenter les enseignements que nous dégageons de l’expérience afin d’améliorer notre performance sur le terrain.

Ainsi que je l’ai rappelé précédemment, le FENU a depuis 1995 connu d’intenses changements. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous informer que le FENU a mis en œuvre toutes les recommandations qui lui avaient été adressées lors de l’évaluation externe de 1999. Ce travail a notamment porté sur la consolidation et la formalisation de nos accords de partenariat avec le PNUD grâce à la signature d’un Protocole d’accord dans les domaines de la microfinance et de la gouvernance locale. Notre partenariat actif avec la Banque Mondiale a permis la réalisation d’un certain nombre d’initiatives concrètes. En droite ligne de notre objectif d’être reconnu comme un centre d’excellence dans nos deux domaines de concentration, nous avons établi de solides partenariats –ou sommes en train de le faire- avec d’autres organisations bi et multilatérales, des institutions de microfinance, des organismes de recherche ainsi qu’avec des organisations de la société civile.

Ainsi que l’indique le RAAR 2002, le suivi consciencieux de la recommandation nous demandant d’introduire une gestion davantage axée sur les résultats a permis un certain nombre d’améliorations, notamment en ce qui concerne la qualité des résultats que nous produisons sur le terrain, ainsi qu’en matière de concentration thématique de nos interventions ou encore d’impact sur les politiques et de réplication, tant dans le domaine de la gouvernance locale que de la microfinance. A cet égard, les résultats atteints l’année dernière en matière de réplication sont sans doute les plus significatifs. En 2002, en effet, nos opérations de gouvernance locale, comme de microfinance, ont attiré l’intérêt croissant des partenaires au développement et j’ai le plaisir de vous informer que nos ressources extrabudgétaires ont plus que triplé. Ce sont autant de ressources supplémentaires qui seront directement employées à appuyer les pauvres des PMA et elles représentent à nos yeux un vote de confiance pour le travail que nous accomplissons.

Les défis, pourtant, demeurent. Ils concernent notamment le besoin d’améliorer la dissémination de notre expérience et des enseignements que nous dégageons de la mise en œuvre de nos opérations, afin de renforcer nos résultats en matière d’impact sur les politiques et de réplication, de mieux asseoir notre ambition de devenir un centre d’excellence dans nos deux domaines de concentration et d’améliorer l’efficacité financière du FENU en développant plus encore notre activité de prestation de services-conseils rémunérés.

La demande pour les services-conseils du FENU dans les domaines de la gouvernance locale et de la microfinance s’est accrue, et ces services sont fournis sur une base payante. De plus en plus nombreux sont les pays en situation de fin de conflit qui font appel à ce type de services et à nos fonds pour la réalisation d’investissements à petite échelle afin de leur permettre de répliquer les meilleures pratiques dans les domaines de la gouvernance locale et de la microfinance. De surcroît, de nombreux pays font de plus en plus souvent appel au FENU pour exécuter ou mettre en œuvre des composantes spécifiques de programmes dès lors qu’un accord de financement a été conclu avec le PNUD ou d’autres partenaires au développement.

A l’avenir, nous continuerons à améliorer la mise en œuvre de nos politiques opérationnelles, particulièrement en ce qui concerne la question de la promotion de l’équité hommes-femmes, le suivi et l’évaluation, le fonctionnement et l’entretien des infrastructures et la qualité de nos investissements en microfinance. Les résultats de tous ces efforts seront documentés par l’évaluation d’impact que le Conseil d’Administration nous a demandé d’entreprendre et qui est en train d’être réalisée.

Conclusion

M. le Président, tenant compte des résultats concrets que nous produisons sur le terrain et des appréciations faites par les Représentants des pays programmes et des pays donateurs, je suis convaincu que la contribution du FENU est pertinente pour les populations des PMA, pour leurs dirigeants et pour la communauté internationale. Lors d’une rencontre récente avec le Sous-secrétaire Général chargé des PMA, l’Ambassadeur Anwarul Chowdhury, notre échange a été très constructif. A cette occasion, je lui ai suggéré de considérer le FENU comme un des outils pour la mise en oeuvre du Programme d’Action pour les PMA, et nous avons convenu de poursuivre nos échanges et de continuer à travailler en étroite coopération.

M. le Président, distingués Délégués, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour remplir le mandat que nous a confié l’Assemblée Générale, pour aider à réduire la pauvreté dans les Pays les Moins Avancés et pour aider ces pays à atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire.

Nous sommes très reconnaissants au Conseil d’Administration pour la décision adoptée lors de la session de septembre 2002 (décision 2002/26), laquelle reconnaît l’excellent travail accompli par le FENU ainsi que le rôle unique qu’il joue dans l’architecture du financement du développement international, et invite la communauté internationale à contribuer de manière adéquate à nos ressources afin d’appuyer notre travail. Une décision identique, dans son essence, a été à nouveau récemment adoptée lors de la session de juin 2003 (décision 2003/9), lorsque le Conseil d’Administration a réaffirmé « la contribution unique du FENU à l’atteinte des Objectifs de Développement du Millénaire et du Programme d’Action pour les PMA». Cette même décision a également « exhorté la communauté internationale à suivre la décision 2002/26 afin de permettre au FENU d’être en mesure de remplir son mandat ».

Nous sommes très heureux que notre Conseil d’Administration ait approuvé notre objectif de mobilisation de ressources. Toutefois, notre objectif reste encore à atteindre et, à ce jour, la demande en provenance des PMA pour les investissements et les services en renforcement des capacités du FENU demeure très supérieure à notre capacité d’y répondre. Ainsi que le Conseil d’Administration l’a noté au mois de juin « les ressources de base affectées au FENU sont très en deçà de la demande en provenance des pays d’intervention, en particulier les PMA, pour ses deux domaines de concentration : la microfinance et la gouvernance locale/décentralisation ».

Je sais que nombre de pays dans lesquels le FENU travaille –et qui sont représentés aujourd’hui dans cette salle- sont déçus de cette situation. Je sais aussi que de nombreux PMA ayant demandé l’appui du FENU en 2002 ont été déçus par notre incapacité à leur répondre favorablement. Nous serions mieux à même d’appuyer la mise en œuvre du Programme d’Action pour les PMA et de contribuer à l’atteinte des ODM, si les ressources suffisantes étaient mises à notre disposition et à celle des populations pauvres avec lesquelles nous investissons.

M. le Président, distingués Délégués, je voudrais de nouveau exprimer toute notre appréciation pour l’appui très soutenu que les PMA accordent à notre travail. Au cours de forums variés et de réunions bilatérales, ces pays ont en effet inlassablement indiqué que le FENU avait besoin de davantage de ressources pour lui permettre de mieux répondre à leurs demandes pour ses investissements et ses services. De nombreux pays programmes ont également exprimé leur confiance à notre égard en contribuant à nos ressources générales. Avec l’appui de la communauté internationale – pays donateurs comme pays programmes – le FENU sera capable de faire davantage encore en investissant avec les pauvres au niveau local. Je suis sûr qu’au cours des prochaines années, le FENU recevra le soutien dont il a besoin pour remplir pleinement son mandat en appui aux pays les plus pauvres.

Merci.