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Pour le FENU au Mozambique, le succès engendre le succès :

Des initiatives locales efficaces attirent les donateurs

par Andrea Davis, UNDP Bulletin

Quand le FENU est intervenu au Mozambique, alors que s’achevaient 15 années de guerre civile, c’était avec la modeste ambition de réhabiliter une ou deux routes rurales.  Rares étaient les partenaires internationaux du développement présents dans le pays à l’époque. 

Le projet s’est déroulé sans heurts et sans aide pendant plusieurs années, progressant régulièrement tandis que le pays se relevait de la guerre. Progressivement, le portefeuille du FENU s’est étendu du fait de la mise en œuvre d’un nouveau projet dans trois districts de la province de Nampula.  Outre la réfection des routes, l’équipe a commencé à appuyer les initiatives des groupes de base en appliquant les techniques des évaluations participatives de la législation de manière à permettre aux populations civiles de faire connaître leurs souhaits quant aux travaux d’aménagement publics envisagés dans leurs communautés.   

« L’infrastructure avait été détruite par la guerre civile, dit Marco van der Ree, responsable de Programme du FENU au Mozambique.  Les routes, les trous de sonde, les hôpitaux, les écoles, tout était à reconstruire à partir de zéro. » 

À partir de 1998, le FENU a donc développé ses interventions en conséquence, en les intégrant plus pleinement dans les initiatives locales.  Dans son premier grand effort dans ce sens, il a fourni des appuis aux administrations provinciales pour les aider à mettre en œuvre des processus de planification des projets de réhabilitation au niveau des districts.  Mais aussi, pour la première fois, il a pu puiser à une bourse plus pleine que la sienne, celle du Gouvernement des Pays-Bas, qui a effectué une contribution de 4 millions de dollars EU.  

Depuis ces premiers temps, le travail du FENU au Mozambique a retenu l’attention et bénéficié du soutien d’un nombre croissant de donateurs désireux de renforcer les succès du Fonds sur le terrain.  En sus de l’aide néerlandaise, dans la seconde phase du projet de planification des districts, les efforts de l’équipe du FENU ont bénéficié d’appuis significatifs de la Norvège et de la Suisse - et ils servent de modèle dont s’inspirent des initiatives de la Banque mondiale de plus grande envergure. 

« Nous faisons œuvre de pionnier, nous nous appliquons à innover, ce qui permet aux grands acteurs qui disposent de ressources substantielles d’intervenir à leur tour et de faire fond sur ce que nous avons établi », explique M. van der Ree.     

Plus de 75 projets d'équipement public ont été réalisés

La première entreprise de planification de 1998 a été désignée officiellement comme une activité pilote par le ministère de la Planification et des Finances.  Elle a remporté un succès remarquable et remarqué, aboutissant à la réalisation de plus de 75 projets d’équipement public d’une valeur de plus de 4 millions de dollars dans toute la province de Nampula.  Elle a également lancé l’idée des conseils consultatifs de district, assemblées formées de dirigeants de la société civile d’horizons divers se réunissant deux fois par an pour suivre les progrès des entités gouvernementales chargées des travaux et pour assurer l’exercice de leur responsabilité.  La seconde phase commencera maintenant à prendre en compte des questions telles que l’amélioration de la coordination conjointe au niveau des districts et des municipalités, les finances des districts et le développement économique local.  

Entre temps, la réputation du travail du FENU au Mozambique continue de se répandre parmi les donateurs.  M. Van der Ree note que des donateurs irlandais, suédois et allemand ont manifesté leur intérêt pour d’autres initiatives. 

L’un des éléments clés du succès de l’équipe sur le terrain est sa pleine intégration avec les efforts locaux.  « Nous ne concevons pas notre travail en termes de projets distincts, explique M. van der Ree.  Nos véhicules ne portent par le logo du PNUD ou du FENU; nous n’agitons pas le drapeau du Fonds, de quelque manière que ce soit. »  Chaque initiative s’inscrit d’entrée de jeu dans le cadre de la structure de la gouvernance locale et c’est l’administration locale qui en est authentiquement propriétaire.  « C’est n’est qu’ainsi que ces efforts peuvent être durables », dit M. van der Ree. 

Séance d'un conseil consultatif de district

Un autre élément majeur est l’étroite relation entre le FENU et le PNUD dans les domaines de la décentralisation et du soutien du secteur public.  Le PNUD fournit un financement parallèle depuis 1998.  Les membres du Conseil d’administration du PNUD/FENU ont eu l’occasion d’observer les effets de cette synergie lors d’une récente visite au Mozambique.  Ils en sont revenus convaincus de la complémentarité des mandats des deux organismes. Subséquemment, un amendement apporté à la seconde phase du projet en septembre 2003 prévoit l’apport d’un soutien additionnel en amont, financé par le PNUD et l’Irlande, et d’une assistance technique du FENU.  Ceci portera le budget total de la seconde phase du projet à près de 20 millions de dollars EU. 

« Le FENU est un organisme pilote qui opère en aval alors que le PNUD est un organisme consultatif qui intervient en amont, note l’un des fonctionnaires qui a participé à la visite du bureau de pays.  Toute la question consiste à bien comprendre comment tirer parti au mieux de nos capacités respectives pour optimiser notre impact. » 

Il doit y avoir des élections générales au Mozambique à la fin 2004, soit la troisième année après la fin de la guerre.  Les dix ans d’efforts du PNUD/FENU en matière de décentralisation se feront-ils sentir aux urnes ?  M. van der Ree pense qu’il est difficile d’établir une corrélation directe. 

« Au Mozambique, dit-il, le principe du développement qui prévaut actuellement est celui du gradualismo, changement lent, graduel.  Comme me l’a dit un jour un haut fonctionnaire gouvernementale : nous ne sommes pas pressés; nous vivons ici.  Bien sûr, nous serions ravis de voir des résultats se manifester rapidement, en l’espace de trois ou quatre ans, mais il est plus réaliste d’envisager un horizon plus lointain. » 

M. Van der Ree signale toutefois que, dans le contexte des dispositions législatives récentes (2003) sur les institutions locales de l’État, il a été approuvé des directives sur la participation qi reconnaissent et retiennent spécifiquement le rôle des conseils consultatifs de district.  Signe supplémentaire de progrès que la communauté des donateurs pourra noter et récompenser.