Des cultures protégées et une surface agricole étendue autour de la mare de Biandougou, dans le cadre du projet de Pignari Bana
L'action du FENU dans la région de Mopti au Mali permet de préserver et de développer des activités agricoles productives, en prévenant les risques de dégâts causés par le ruissellement des eaux de pluie.
Par Marianne Fabre Lanvin
Bamako, Mali - 28 décembre 2005 : Le FENU met en place des micro projets qui visent à favoriser l'installation d'infrastructures stables, dans le but d'implanter des activités productives ; il tente de placer des outils utiles et appropriés dans les mains de la population malienne en vue d'un développement durable. De surcroît, en mettant des méthodes et des instruments de gestion des ressources naturelles à leur disposition, le FENU et ses partenaires, le GEF, le Gouvernement du Luxembourg, le PNUD, le Gouvernorat de la région de Mopti aident les populations nationales à faire un pas vers leur indépendance vis-à-vis des structures d'aide internationale.
Dans le cadre du projet de Pignari Bana, le FENU, les populations et les autorités locales ont travaillé en collaboration étroite à la construction d'une digue, destinée à protéger les cultures maraîchères et piscicoles de la mare de Biandougou des aléas climatiques. Le projet, en répondant à un besoin essentiel de la commune, est allé au-delà de son objectif originel, puisqu'il a également permis l'extension de la surface d'exploitation agricole autour du plan d'eau.
Le projet concerne dix communes habitées par des peuples dogons et peuls, situées sur les plateaux de la région de Mopti. Ces villages sont victimes des caprices de la météo puisqu'ils voient régulièrement leurs sols et leurs cultures dévastés par l'important ruissellement résultant de pluies torrentielles. Des flots de boue emportent oignons, aubergines, échalotes, tomates et poissons sur leur passage, réduisant le fruit de l'effort des cultivateurs et des éleveurs à néant.
Le FENU, les autorités locales et les habitants de la région ont décidé après concertation de construire une digue protectrice, afin de prévenir les dégâts dus au temps. Cet aménagement bloque les flots de boue drainant sable et de débris. Il permet ainsi, non seulement de protéger les cultures maraîchères et la production piscicole, mais aussi d'étendre les surfaces exploitables. Par ailleurs, la structure rend le désenclavement de la zone possible durant l'hivernage.
Les populations locales, connaissant les besoins spécifiques de protection du bassin, ont déterminé de quels attributs l'outil devait être doté. Les villageois ont ensuite participé physiquement à la construction de la digue. Aujourd'hui, ils assurent totalement la régie du barrage. Un comité de gestion de la mare, composé d'habitants de Bandiougou a été formé. Les agriculteurs administrent la répartition des terres, tandis que les jeunes et les chefs traditionnels coutumiers surveillent la mare parfois dangereuse et menaçante, quand elle est visitée par les caïmans.
La considérable augmentation en volume de la production apporte aux habitants des communes concernées une certaine sécurité sur le plan alimentaire. La situation laisse entrevoir une évolution positive vers une relative prospérité économique. En effet, tout au long de l'année, les producteurs écoulent facilement leurs marchandises -poissons, fruits et légumes - sur les marchés de Goundaga, Mopti, Sevaré et Bandiagara.
La mise en œuvre de cette opération a été conduite par le Fonds d'Appui à la Gouvernance Environnementale Locale (FAGEL). Cet organisme, proposé par le PACR-M avec l'appui du FENU, fonctionne selon un mode de gestion pilote particulièrement bien adapté au secteur rural. Il facilite la relation entre la gestion ressources naturelles et les collectivités représentant la société civile.
Dans le cadre du projet de Pignari Bana, le FAGEL a favorisé la mise en place d'un environnement institutionnel propice à la bonne gouvernance locale et a introduit des mécanismes visant à assurer, de façon durable, l'accès des collectivités territoriales aux ressources financières pour réaliser leurs programmes de développement. Il a participé au renforcement des capacités locales en matière de mise en œuvre et de suivi-évaluation des actions de développement ; il sert d'appui à la gouvernance environnementale locale et à la gestion décentralisée des ressources naturelles productives.
Les communes ont effectivement pleinement participé à la planification et à la budgétisation des opérations. Le FAGEL se concentre désormais sur le contrôle du respect des dispositions édictées par le fonds et des règlements des communes par les communes elles-mêmes, afin de permettre au dispositif de perdurer.
Les bons résultats de l'opération sont tangibles. Des jalons pour inscrire le développement de la localité dans la durée ont étés posés. La productivité de la pêche, de l'élevage et de l'agriculture dans cette zone a sensiblement progressé, mettant la population vivant autour de Pignari Bana à l'abri du besoin alimentaire. Les ménages sont mieux armés pour résister aux crises écologiques. L'expérience de la bonne gestion des ressources naturelles contribue à permettre aux habitants de ces villages de s'adapter à leur environnement et à les rendre autonomes.





