La Banque mondiale et l'Université du Sussex louent le Programme de planification et de financement décentralisés du Mozambique en tant que pratique optimale
Une nouvelle étude sur le renforcement des États fragiles montre que le FENU a réussi à renforcer les administrations locales
Des femmes dans le village près de Nampula puisent l'eau d'un puits creusé grâce au Programme de développement local du FENU. Photos Adam Rogers/FENU.
Les collectivités locales désignent souvent les dispensaires comme une priorité quand elles participent à la planification du développement local.
Construction d'un nouveau marché dans le village de Mecuburi.
MAPUTO, 29 mars 2007 – Une nouvelle publication de l'Institut des études sur le développement de l'Université du Sussex, publiée par la Banque mondiale, montre que les activités du FENU en Mozambique constituent une pratique optimale pour la construction de systèmes viables ayant des effets à long terme sur la réduction de la pauvreté dans les pays fragiles.
L'étude, intitulée Aid that works: successful development in fragile states (Une aide efficace : pour un développement réussi dans les États fragiles), est consacrée à des monographies de projets mis en œuvre dans cinq pays : Afghanistan, Cambodge, Mozambique, Sierra Leone, Timor Leste et Ouganda. Ces monographies montrent que les initiatives de développement ont plus de chances de produire des effets appréciables et durables sur les conditions de vie lorsque les collectivités locales y sont associées. Cependant, l'étude souligne aussi que pour obtenir des améliorations concrètes, il faut diffuser horizontalement (aux autres localités) et verticalement (à des niveaux de gouvernement plus élevés) les progrès réalisés et les enseignements tirés par chaque collectivité et chaque région.
Compte tenu des avantages que présente le travail au niveau local et sachant combien il est compliqué de passer par les principaux organismes bureaucratiques de plus haut niveau dans ces pays, les donateurs préfèrent souvent créer des ‘organismes parallèles' afin de faire bénéficier davantage de personnes. Cependant, à long terme cette méthode affaiblit souvent la légitimité des principales institutions gouvernementales. Certaines organismes donateurs, comme par exemple le FENU, choisissent ainsi de collaborer aussi étroitement que possible avec les responsables du gouvernement et de renforcer les structures institutionnelles existantes des autorités locales, afin que celles-ci puissent rendre des comptes et qu'elles soient plus efficaces dans la fourniture des équipements et des services dont les populations locales ont besoin.
L'étude vise à comprendre comment des initiatives entreprises dans les conditions extrêmement difficiles qu'on rencontre souvent dans les « États fragiles » (ou, selon la terminologie de la Banque mondiale, ‘pays à faible revenu en difficulté').
James Manor, de l'Institut des études sur le développement de l'Université du Sussex (Royaume-Uni) a établi avec ses chercheurs que les programmes de développement, dans les États précaires, ne doivent pas uniquement s'inspirer de principes venant de l'extérieur, mais également des conditions locales.
Ils ont ajouté que parmi ces conditions, la dynamique du pouvoir et les problèmes liés à la gouvernance s'étaient avérés particulièrement importants. Selon les auteurs, les programmes qui en résultent doivent être appliqués avec souplesse, en tenant compte des enseignements tirés des échecs et des réussites, et ne pas être trop dirigistes.
Au Mozambique, les principales contributions du Programme de décentralisation pour la planification et le financement au niveau de la commune, appuyé par le FENU, ont été le renforcement des capacités et la mise en place d'institutions gouvernementales essentielles, à un moment où l'on rencontrait très peu de partenaires du développement au Mozambique. L'une des contributions reconnues de ce programme, mis en place en 1996, a été de promouvoir la gouvernance locale par le biais de la planification participative au niveau des communes. Grâce à ce système, les administrations locales et les collectivités ont pu planifier, décider et effectuer les dépenses de maintien des institutions locales qu'elles administrent.
Avec l'assistance du FENU, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d'autres partenaires du développement, notamment la Banque mondiale, les Pays-Bas, la Norvège, l'Irlande et la Suisse, ont aidé le Gouvernement à reproduire le modèle qui avait d'abord été appliqué par le FENU dans la province de Nampula, dans le nord du pays. Le modèle est désormais mis en oeuvre dans d'autres régions, comme Cabo Delgado, Manica, Sofala, Tete et Zambézia. Le Mozambique intègre actuellement les principes sous-jacents du programme à l'action gouvernementale, et un programme national couvrant les 10 provinces et les 128 communes du pays est en cours de préparation.
Liens:






